Comment fonctionne une oya : le principe, la durée, les limites

Enterrée et pleine d'eau, l'oya laisse passer l'eau à travers sa paroi dès que le sol sèche. En été, on la remplit tous les 2 à 15 jours selon sa taille.

Main versant l'eau d'un arrosoir dans le col d'une oya en terre cuite enterrée, pour montrer comment fonctionne une oya

Oyas : jusqu'où l'eau va-t-elle et combien de temps tient un remplissage ?

Plus la jarre est grande, plus elle mouille loin et plus elle tient longtemps. Les repères des fabricants pour l'été :

VolumeCe qu'elle arroseLargeur de terre humideÀ remplir en été
1 LUn pot de 25 à 35 cm, 1 ou 2 plants d'herbes aromatiques45 à 60 cmtous les 2 à 4 jours
2 LUn grand pot, une jardinière, un petit coin de fleurs50 à 60 cmtous les 4 à 7 jours
3 LUn grand bac, un carré de salades, 3 plants de tomates60 cmtous les 4 à 8 jours
5 L3 ou 4 plants de tomates ou de poivrons70 à 80 cmtous les 4 à 12 jours
10 LUn jeune arbre fruitier, environ 1 m² de potager1 à 1,3 mtous les 6 à 15 jours
20 LUn grand arbre, une haie, un grand potager1 à 1,5 mtous les 10 à 15 jours

Chiffres donnés par les fabricants. Les prix changent beaucoup d'une marque à l'autre ; chez Mon Oya, par exemple, une oya coûte 14,90 € en 0,5 L, 19,90 € en 1,8 L, 27,90 € en 4 L, 41,90 € en 10 L et 74,90 € en 20 L.

Le sol change tout. En sol argileux retenant l'eau, Gamm vert cite des jardiniers remplissant leur oya de 5 L tous les 10 jours seulement, avec une zone humide allant jusqu'à 80 cm. Sur un sol sableux, l'eau s'enfonce sans tarder : remplissez plus souvent et placez les plants à 30 cm au maximum.

Tous les 2 à 3 jours, Jardiland remplit l'oya sur un sol très drainant en cas de forte chaleur. Pour votre cas, voyez Quelle taille d'oya ? ainsi que Combien d'oyas au m² ?.

Remplissez l'oya avant qu'elle ne soit vide car elle travaille mieux pleine, toute sa paroi donnant de l'eau.

Comment les oyas fonctionnent : le sol sec aspire l'eau

Près des plantes, on enterre une jarre en terre cuite non émaillée remplie d'eau : c'est une oya. Sa paroi microporeuse laisse passer l'eau, mais lentement.

La terre tire l'eau, ce n'est pas l'oya qui la pousse. Quand le sol autour est sec, il tire l'eau à travers la paroi ; la diffusion cesse quand il est humide, comme après une pluie. Des chercheurs ont nommé cette technique « irrigation par aspiration » au Mexique.

L'humidité guide la croissance des racines. En fin de saison, une fois l'oya déterrée, on constate que toutes les radicelles des plantes voisines se sont dirigées vers sa paroi. Un tapis de racines entoure la jarre, d'après Ceercle.

Schéma en coupe d'une oya enterrée : col et couvercle hors du sol, eau dans la jarre, zone humide autour et racines contre la paroi

Le couvercle compte : il réduit l'évaporation et bloque l'entrée des débris et insectes dans l'oya.

L'arrosage par capillarité en terre cuite : un arrosage lent et profond

La porosité varie selon l'argile et la cuisson. Pour garder ses pores ouverts, une oya est cuite à basse température. Souvent, un pot de fleurs classique laisse l'eau partir plus rapidement, selon Gamm vert.

La jarre libère l'eau sur toute sa hauteur, en dessous du sol. Le dessus du sol reste plutôt sec : moins de graines de mauvaises herbes germent, et le feuillage n'est jamais mouillé, freinant ainsi des maladies comme l'oïdium.

Les racines plongent en profondeur pour atteindre l'eau qui y arrive. Selon Gamm vert, les racines sont plus profondes et trouvent aussi plus de nutriments. À la température du sol, l'eau de la jarre évite tout choc thermique à la plante.

Oya et environnement : quelle économie d'eau réalise-t-on ?

Comparé à un arrosage classique, les économies d'eau annoncées vont de 50 à 70 %. « Jusqu'à 70 % », disent Jardiland et Oyas environnement. Il s'agit d'ordres de grandeur, non d'une mesure dans votre jardin.

Dans l'Hérault, à Riols, un jardinier a mené un essai sur 14 semaines en comparant tuyau microporeux et oyas sur un nombre identique de pieds de tomates. Avec les oyas, il a utilisé 1010 L contre 1880 L avec le tuyau, ce qui fait près de 50 % d'économie (Rustica).

Trois raisons limitent les pertes d'eau : pas d'évaporation en surface, pas de ruissellement, et l'oya ne donne presque rien si le sol est déjà humide. Poser un paillis au-dessus amplifie encore cet effet.

Où les oyas montrent leurs limites

  • Sol très sableux : l'eau part vers le bas, d'où des remplissages fréquents. Ici, Gamm vert ne conseille pas toujours les oyas, et Jardiland ajoute d'abord du compost à la terre.
  • Légumes semés en rangs : pour des poireaux, des carottes, des betteraves ou des oignons, il faudrait beaucoup trop de jarres (Gerbeaud, Rustica).
  • Semis : tant que les jeunes racines ne touchent pas la paroi, un arrosage en surface reste nécessaire.
  • Gel : remplie d'eau, une oya risque d'éclater. On la vide donc avant les premières gelées : voir l'entretien en hiver.
  • Eau calcaire ou sale : avec le temps, les impuretés obstruent les pores de l'argile.
  • Prix et encombrement : couvrir une grande zone coûte cher, et déplacer une oya enterrée en pleine saison est difficile.

D'où viennent les oyas et quelle est leur histoire ?

L'usage de jarres enterrées pour arroser remonte à très loin. Il y a 2 000 ans, l'agronome chinois Fan Shengzhi décrivait déjà cette irrigation par jarre poreuse. Gerbeaud mentionne plus de 4 000 ans d'histoire sur tous les continents, bien que les estimations diffèrent selon les auteurs.

On discute encore de leur origine exacte. Le chercheur T.M. Stein penche pour l'Afrique du Nord ou l'Iran, tandis que d'autres chercheurs d'Amérique latine citent l'Empire romain. Pour Ceercle, les Romains enterraient de grosses jarres auprès des cultures, et la technique a ensuite gagné le Maghreb et l'Amérique latine, surtout le Mexique et le Brésil.

Depuis les années 1960, la recherche s'y intéresse, commençant au Mexique avant l'Inde, le Brésil, les États-Unis ou le Pakistan. En Europe, cette méthode est restée quasi inconnue jusqu'à son récent retour chez les jardiniers amateurs.

Ollas ou oyas : une seule et même méthode d'irrigation

« Olla » signifie « pot » en espagnol et se dit « oya ». L'entreprise Oyas environnement a déposé « Oyas » comme marque, affirmant l'avoir inventé ; ainsi, les autres potiers vendent des « ollas ». Jarres d'irrigation, oyas ou ollas désignent le même objet.

La porosité varie d'une jarre à l'autre, modifiant le débit : si elle est trop perméable, l'olla détrempe localement le sol et se vide plus rapidement. Vous trouverez les distinctions de nom dans Oya ou olla ?. Vous pouvez aussi en monter une avec deux pots de fleurs : lisez Fabriquer ses oyas.

Vos questions sur le fonctionnement des oyas

Est-ce que les oyas donnent de bons résultats ?

Oui, à condition que leur taille et leur espacement conviennent au sol comme aux plantes. L'avantage le plus clair : moins d'eau et des arrosages beaucoup plus espacés.

Combien de temps entre deux remplissages pour les oyas ?

Selon Jardiland et Jardins Animés, l'autonomie va de 3 jours pour un petit modèle à près de 15 jours pour un contenant de 20 L en été. L'autonomie dépend du sol, de la chaleur et du nombre de plantes.

D'où viennent les oyas ?

Il y a 2 000 ans, on décrivait en Chine l'irrigation par jarre poreuse. D'autres chercheurs situent son origine en Afrique du Nord, en Iran ou dans l'Empire romain.

L'oya permet-elle un arrosage profond ?

Oui. Sur toute la hauteur de la jarre, l'eau sort sous la surface ; en descendant la chercher, les racines deviennent plus profondes.

Est-ce qu'un pot de fleurs en terre cuite agit comme une oya ?

Partiellement. Quand le trou est bouché, l'eau passe, mais le débit n'est pas toujours bon : un récipient ordinaire la laisse souvent s'écouler plus rapidement, note Gamm vert.